Je suis une trouillarde

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Cet article participe au festival La Cavalcade des Blogs. Il s’agit d’un évènement qui a lieu chaque mois et qui rassemble les blogueurs autour d’un thème, toujours en rapport avec l’univers des équidés. Ce mois-ci il a lieu sur le blog Attelage-facile, qui lance la septième édition du festival.

 

 

 

Je suis une trouillarde

 

 

J’ai toujours été une graaaande trouillarde avec les chevaux (le comble pour une cavalière). Mais en même temps, ils m’ont toujours fascinée et apaisée.

 

Je n’ai, à travers cet article, pas d’astuce à vous apporter contre le stress à cheval, puisque ça ne m’est jamais vraiment passé. Mais mon vécu peut peut-être permettre de décomplexer certaines personnes, comme j’ai pu l’être quand je montais encore en club.

 

Gamine, dès mes premiers instants à poney, je n’ai jamais été rassurée. J’avais peur à poney !

 

Photo (195)Le samedi après-midi, c’était cours d’équitation. La boule au ventre, c’était dès le matin. Et pourtant j’étais contente à l’idée d’aller voir les poneys et monter. Puis c’était la petite crise d’angoisse avant de partir et pendant le trajet (toujours en silence, parce que quand même, je suis cavalière, quelle idée d’avoir peur de monter à cheval…).

 

L’attribution des poneys, une torture. Dès que je voyais la monitrice, j’adoptais l’attitude du chien battu (je ne me traînais pas parterre, j’essayais de faire ça subtilement quand même), dans l’espoir qu’elle m’attribue un poney que j’aime bien. Ridicule hein ?! Et quand par malheur je tombais sur un poney réputé pour faire des cascades, je regardais la monitrice d’un air de dire « euh… attends, t’es sûuûûre ? ». Toujours l’espoir de pouvoir rattraper le coup en en demandant un autre, avec un ton suppliant.

 

Je préparais mes poneys en tremblotant un peu. Puis j’attendais avec une boule au ventre que la monitrice nous sonne le début du cours, bombe sur la tête et cravache qui tape frénétiquement le sol.

 

Je chuchotais toujours des mots doux aux poneys, je les suppliais de ne pas me faire goûter au sable de la carrière, de se tenir tranquille si les autres poneys se mettaient à faire les couillons. En échange, je leur promettais des friandises. Et si par malheur je n’en avais pas, je leur disais que je n’avais qu’une parole, et que je leur en ramènerais la prochaine fois. On passait un marché quoi.

 

Il faut croire qu’ils étaient réceptifs à mes prières… Ou peut-être bien que c’était le fait que je sois tellement accrochée à mes rênes que les pauvres poneys n’avaient même pas le temps ou la possibilité de faire un écart. Je regardais du coin de l’œil tout ce qui était susceptible d’effrayer mon poney, je n’étais jamais tranquille. Au final, je n’ai pas tellement chuté dans ma vie de cavalière. Je mettais un point d’honneur à rester accrochée coûte que coûte à mon poney.

 

Photo (194)

A l’époque, une montagne à mes yeux !

Quoi qu’il en soit, le fait d’être aussi trouillarde ne m’a pas aidé à m’intégrer, puisque « non merci, pas de concours pour moi », «oh non ça va, je préfère regarder les autres sauter », et j’en passe. Une barre d’obstacle à 30 centimètres, une montagne pour moi ! Dans ce club, les poneys participaient à des courses, mais… la vitesse ? Très peu pour moi. Les balades ? Oui c’est super, mais à condition qu’il n’y ait pas de grands espaces. Vous comprenez, mon poney pourrait bien m’embarquer… Bref, une super trouillarde, alors que je voyais les autres s’amuser des poneys qui les embarquaient… C’est moi qui cloche ou bien… ?

 

Puis tout ça a fini par être trop stressant pour moi, surtout que malgré les efforts que je faisais pour surmonter mes craintes, on ne me permettait plus de progresser… Alors à quoi bon.

 

Et un beau jour, quatre ans plus tard, mon cheval. Enfin ! Et là, pouf. Comme par magie, mes craintes se sont envolées. Que s’est-il passé pendant ces quatre années sans approcher un seul cheval ?

 

Quoi qu’il en soit, lors de notre première balade, j’emmène ma jument le long de l’autoroute, sans craindre qu’elle ne soit effrayée par le bruit. Le chemin semble sans fin devant moi, les champs sont ras, l’immensité s’étale devant nous. Mais je n’ai pas peur. Pour la première fois, je ne suis pas accrochée à mes rênes. Je suis tellement heureuse de découvrir que je peux monter à cheval sans craindre inutilement tout et n’importe quoi.

 

C’est comme ça que ma Kalinka m’a guéri  de mes angoisses… ou presque. Jusqu’au jour où elle a commencé  à se réveiller, à devenir plus joyeuse (pour mon plus grand bonheur hein, sincèrement). Ok, en fait j’ai encore la trouille. La trouille de quoi ? De tomber ? Je ne sais même pas. Je crois que j’ai surtout peur de la vitesse, de perdre le contrôle et de n’avoir plus rien d’autre à faire que m’accrocher en attendant une éventuelle chute.

 

Puis elle s’est mise à avoir peur de choses dont elle n’avait pas peur avant. Elle devient regardante et flippée. Mon réflexe ? Sauter parterre avant qu’elle n’ait l’idée de le faire pour moi. Je remarque qu’elle s’apaise immédiatement quand je me trouve à ses côtés, plutôt que sur son dos. Avoir la trouille m’aura au moins permis de comprendre ça.

 

Kalinka 06.09Mais quoi qu’il en soit, j’estime qu’elle m’a guéri. Je n’ai plus jamais eu la boule au ventre avant de partir en balade, depuis qu’elle est à mes côtés. Je ne sais pas ce qu’il en serait avec un autre cheval (et j’en suis bien curieuse d’ailleurs), mais ce qui compte pour moi, c’est de ne pas avoir peur quand c’est elle que je monte.

 

En tout cas, les quelques instants d’angoisse lors de nos balades ne sont rien comparés aux innombrables moments de détente et d’apaisement à ses côtés… et sur son dos. Elle m’a embarqué dans sa bulle, dans laquelle je ne sais plus ce que c’est que de craindre le fait de monter à cheval.

 

Même après toutes ces années, je suis encore une trouillarde, mais aujourd’hui aux côtés de ma jument, je le vis plutôt bien. 🙂

 

20 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Merci de ce joli témoignage, qui montre qu’avoir peur fait partie de la vie, et que se cacher ne sert à rien.
    La peur fait parfois éviter le danger aussi. 😉

    Moi aussi maintenant, depuis l’accident en 2007, j’ai peur des chevaux que je ne connait pas… peur de me faire à nouveau bousculer et piétiner.
    Du coup je suis plus prudente qu’avant, et ce n’est pas un mal !!
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    • Amaya

      Effectivement, la peur permet d’être plus vigilant 😉 .

  2. Hé bé, belle évolution… Les sportifs qui s’accrochent à leur discipline malgré leurs peurs me fascinent. Je crois qu’il y avait un navigateur de haut niveau qui avait systématiquement le mal de mer, toute sa carrière. Il avait appris à le gérer, et il gagnait malgré ça. La peur à surmonter n’était pas assez forte pour t’empêcher d’aller au club, et finalement, avec Kalinka tu as réussi à passer outre !
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    • Amaya

      Ah oui quand même, dur ! Comme quoi, par passion on peut arriver à beaucoup de choses 🙂 .

  3. C’est fou, je me demande ce qu’il s’est passé pendant ces 4 ans… comme si ce « silence » t’avais fait fondre tes angoisses. Ou alors le fait de construire une relation t’as donné encore plus confiance !

    En tout cas c’est beau de voir qu’au fil des années tes peurs ce sont envolées (ou presque ^^)

    Merci à toi Kalinka ! bisous
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    • Amaya

      Oui, je pense que c’est l’idée de construire une relation avec un cheval qui m’a mise en confiance 🙂 .

  4. J’ai ri rien qu’en lisant le titre ^^ Je te comprends trop bien, c’était pareil pour moi : stressée pour un rien ! Et j’adore les photos 🙂

  5. Maewa

    Superbe article, je te comprend tellement :D! L’arrivée de ma Sultane a, en quelques sortes, effacé toutes mes peurs et mes angoisses ( enfin pas toutes ). J’adore tes articles ! Et les photos sont super! 🙂

    • Amaya

      Merci Maewa 🙂 .
      Heureusement que nos bourriques sont là alors, pour nous aider à dépasser ces craintes 😉 .

  6. L.

    Si cela peut te rassurer, je suis monter pendant environ 5 ans dans un club et de ma 1ère à ma 5ème année j’avais la boule au ventre en arrivant ! Pas la peur de tomber ni celle de me faire embarquer… Je n’ai jamais bien su pourquoi.
    Mon cheval m’a moi aussi soigné de cette « maladie ». Aujourd’hui, avec lui, je peux passer partout sans me faire de soucis, il lui arrive bien quelques fois de faire un peu le fou mais alors je descend, on se calme et c’est repartie !!!

    • Amaya

      Une angoisse inderterminée, je vois très bien, c’était pareil pour moi.
      Ton Loulou a su te permettre de dépasser ça, c’est vraiment génial ! 🙂

  7. Ah tient, je me suis toujours interrogeais sur comment faisait les gens qui ont peur de ce qu’ils aiment le plus pratiquer !! 🙂

    Et bien, j’ai des explications, merci !! 😉
    En tout cas, c’est vraiment formidable et en même temps, ça ne m’étonne pas que kalinka sache te mettre en confiance et t’apaiser ! Y’a rien de mieux que son propre cheval pour évoluer et s’épanouir, sans avoir la trouille au ventre 😀
    Tayci Articles récents…Mercredi et JeudiMy Profile

    • Amaya

      Et bien je peux affirmer que ce n’est vraiment pas toujours facile à vivre 😛 .
      Tu as raison oui, rien de mieux que son propre cheval pour dépasser ça ! 🙂

  8. Pauline

    J’adore :  » Je mettais un point d’honneur à rester accrochée coûte que coûte à mon poney.  » ahah sa m’a bien faite rire en tout cas!
    Belle complicité avec ta jument, on évolue toujours avec son propre cheval, autant dans sa façon de monter à cheval que dans sa façon de penser.

    • Amaya

      Aha, tant mieux si ça t’a fait rire ^^.
      Je suis bien d’accord avec toi ! 🙂

  9. Rétrolien: Le stress et vous …

  10. Catherine

    Ton article ma fait sourrir car en le lisant je me suis rappelé de mes début à cheval. J’étais aussi une trouillarde, j’avais la boule au ventre avant de galoper, et je demandais aussi au poney de ne pas me faire manger le sable :p

    Je tenais aussi à te dire que je vient juste de découvrir ton blog, et j’ai lu quelques uns de tes articles. J’aime bien t’as façon de penser avec les chevaux. J’ai était cavalière de club pendant de longues année et j’ai maintenant mon propre cheval depuis plus d’un an.
    Enfin bref, je compte faire un tour régulièrement pour voir tes nouveaux articles 🙂 !

    Publié le 18 août 2014 à 13:24
    • Aaah, j’étais sûre que je n’étais pas la seule à supplier les poneys de ne pas me faire tomber ! 😛

      Merci, et j’espère te revoir bientôt sur le blog 🙂 .

      Publié le 18 août 2014 à 15:10
  11. Je me retrouve totalement dans son article ! En club, je n’ai jamais été sereine. Toujours peur que le moindre truc mette en vrac mon cheval.
    Ma DP Maya m’a scotchée le premier jour où nous avons traversé la ville pour rejoindre la carrière : elle n’avait peur de rien. J’ai passé 10 ans sans monter à cheval, 2 mois à prendre des cours particuliers avec Maya et hop, j’avais assez confiance en elle et en moi pour m’élancer seule en forêt. Ma-gi-que ! 😀

    • Ravie d’apprendre que je n’étais pas la seule !
      C’est beau quand le feeling passe super bien avec un cheval ! Cette confiance que l’on a rapidement envers eux 🙂 .