Pourquoi faire appel à un enseignant ?

 

Quand on est cavalier, notamment propriétaire, et que l’on travaille seul, on se heurte parfois à des difficultés. Dans ce cas, il peut être très bénéfique de faire appel à un moniteur pour débloquer la situation. C’est un sujet qui me parle, puisqu’avec ma jument Kalinka, nous avons longtemps stagné, ne sachant plus trop quoi faire pour aller de l’avant et découvrir de nouvelles choses. Et j’ai surtout mis longtemps à enfin sauter le pas et me tourner vers un enseignant pour nous aider à progresser.

 

Nous allons voir dans cet article en quoi faire appel à enseignant est bénéfique pour le couple cheval/cavalier.

 

 

Je laisse donc la parole à Pauline Walter, enseignante d’équitation indépendante en Alsace, pour nous apporter des éléments de réponse. Je lui fais toute confiance pour répondre à ce sujet puisque c’est elle qui nous accompagne dans une progression logique et réfléchie avec Kalinka, depuis plus d’un an maintenant.

 

 

Pourquoi se tourner vers un enseignant ?

 

 

La première raison évoquée par mes cavaliers est l’apparition de problèmes particuliers. Cela peut être un poulain qui commence à s’affirmer, un blocage survenu tout à coup – à la monte comme à pied, la confusion suite à l’achat d’un nouveau cheval, etc. Le propriétaire se trouve démuni face à un problème et décide alors de se faire aider par un professionnel.

 

La seconde raison qui pousse mes cavaliers à faire appel à mes services est l’envie de progresser. Seul face à son cheval, il n’est pas évident de trouver des pistes de travail au quotidien, d’avoir l’imagination nécessaire pour aller plus loin à chaque séance. Ces cavaliers sont demandeurs et motivés. Que ce soit pour se diriger vers de la compétition, la validation de leurs acquis par le passage de Galops ou simplement pour assouvir leur soif d’apprendre ; chacun suivra une progression personnelle.

 

La « peur de mal faire » amène aussi des propriétaires vers moi, et c’est une très bonne raison ! Il est plus facile pour le cavalier et le cheval d’être accompagnés et orientés vers le juste dès le départ, afin d’éviter les erreurs de parcours. La progression du couple est plus rapide puisqu’elle évite les tâtonnements et les retours en arrière.

 

 

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Pauline et Kalinka, travail en liberté

 

Quels sont les avantages de l’accompagnement ?

 

 

L’enseignement à domicile peut se présenter sous diverses formes, les cavaliers peuvent choisir entre des cours particuliers ou collectifs en petits groupes. Les objectifs du cavalier et/ou du cheval sont définis de manière personnalisée. La personne est actrice de sa formation et oriente la progression à venir selon ses envies.

 

Les séances d’une heure sont totalement mises à profit : pas question de poireauter pendant que les autres cavaliers travaillent comme en centre équestre. La détente est orientée selon l’objectif du jour visé, les temps de repos du cheval permettent toujours des mises au point entre le cavalier et l’enseignant.

 

La fréquence de mes visites varie selon les couples, elles sont hebdomadaires pour certains, mensuelles pour d’autres. Quelle que soit cette fréquence, mon objectif reste le même. Je souhaite qu’après chaque leçons, le couple ait affiné son travail, découvert de nouvelles choses et ait des pistes de travail à suivre avant notre prochaine séance ensemble

 

Chacun de mes cavaliers devient éducateur. Être cavalier ne suffit pas, il faut être l’éducateur de son cheval et je mets un point d’honneur à l’enseigner à mes élèves. Tout exercice est expliqué : l’élève comprend pourquoi le faire, comment le faire et passe par chaque étape de l’apprentissage afin d’être capable de renouveler l’expérience même en mon absence ainsi qu’avec d’autres chevaux. J’amène mes cavaliers vers un maximum d’autonomie et de partage.

 

 

Le souci du détail, une approche globale du couple cavalier-cheval

 

 

Suivre chaque couple dans sa globalité fait partie de mon quotidien. Formée en saddle fitting, il est naturel pour moi de sensibiliser mes élèves à l’importance d’un matériel adapté. La vérification de la selle et de son positionnement accompagne les premières séances montées.

 

Défense ou non, je reste toujours vigilante à ce qu’exprime le cheval, aux gênes et boiteries qui peuvent survenir afin d’orienter ensuite le propriétaire vers un professionnel spécialisé (ostéopathe, dentiste, saddle fitter, pareur).

 

 

Ce que m’apporte l’enseignement personnalisé

 

 

Bien qu’il m’arrive d’enseigner en centre équestre, les cours particuliers restent ce que je préfère. Ils représentent pour moi un moment privilégié avec chaque couple. Nous avons le temps d’aller au bout des choses. Un lien particulier se tisse avec chaque cavalier. Le partage qui en découle va dans les deux sens. Cheval comme cavalier m’apprennent des choses, chacun à leur manière.

 

Chaque couple est différent et demande une capacité d’adaptation de tous les jours. C’est grâce à cette éternelle remise en question que je fais mon métier avec passion et bonheur, s’en jamais me lasser.

 

 

Merci à Pauline pour avoir partagé son point de vue sur la question et pour nous avoir fait part de sa passion pour l’enseignement !

 

Vous pouvez retrouver Pauline sur son site professionnel ainsi que sur sa page Facebook.

 

Pauline et son cheval Glénan Photographie de Manon Piovesan

Pauline et son cheval Glénan
Photographie de  Manon Piovesan

 

 

Je souhaite à mon tour témoigner en tant qu’élève de ce que m’apporte le fait d’être suivie couramment par un moniteur, avec ma jument Kalinka.

 

J’ai toujours eu soif d’apprendre, c’est donc tout naturellement que m’est venu l’envie d’être accompagnée dans mon équitation par un enseignant, en plus de lire et m’informer par tous les moyens à ma disposition. Les bouquins c’est bien, mais il n’y a pas le côté relationnel de l’apprentissage avec un enseignant. En parlant, en discutant, j’en apprends toujours plus, et surtout, j’ai un retour ! Je peux poser les questions qui me viennent à l’esprit et j’ai ma réponse immédiatement.

 

Avec un enseignant, je bénéficie d’un suivi qui correspond à mes envies. J’ai d’abord eu envie de découvrir le travail à pied, puis j’ai pu être suivie dans notre transition vers une équitation sans mors. Avoir quelqu’un à nos côtés qui connaît notre niveau et progression permet d’élargir les horizons. Je n’avais par exemple pas d’objectif particulier, et j’ai finalement eu l’occasion de passer le galop 3 de Pleine Nature ainsi que le Savoir 1 d’équitation éthologique. Bien que je n’accorde pas d’importance à ces « titres », ça m’a permis de matérialiser une étape à franchir.

 

Ce que je trouve intéressant dans le fait d’être accompagné, c’est que d’une part mes mauvaises habitudes (et celles que j’ai pu donner à ma jument) sont pointées et j’en prends ainsi conscience, mais d’autre part, je prends confiance car j’ai un retour sur notre évolution, je sais quand on fait bien et quand on progresse, et ça, c’est encourageant et motivant pour aller toujours plus loin.

 

Que du positif pour Kalinka et moi depuis que nous sommes accompagné dans notre travail ! On progresse selon mes envies et à notre rythme, on se fait plaisir, c’est ça le plus important 🙂 .

 

Et vous, que vous apporte le suivi de votre couple cheval/cavalier par un moniteur ? Quels avantages y trouvez-vous ?

 

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Kalinka et moi lors d’un cours de travail à pied.

 

20 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Tout à fait d’accord avec vous. Moi j’ai du mal à imaginer me retrouver seule avec mon cheval sans aucun suivi. Mais bon, j’aimerais bien aussi monter seule de temps en temps, ça manque aussi cette liberté de travailler selon ses envies quand on n’a pas son cheval.
    Et dans tous les cas, il faut trouver l’enseignant qui convienne au couple cheval/cavalier aussi!
    Cavali’Erre Articles récents…Le parcours le plus court de ma vieMy Profile

    Publié le 9 février 2015 à 19:23
    • Tu as tout à fait raison, il faut trouver un enseignant qui a un état d’esprit et une approche du cheval au plus proche de la nôtre pour que ça fonctionne, il faut pouvoir s’entendre ! 🙂

      Publié le 9 février 2015 à 19:34
  2. L.

    Je trouve l’idée de cet article excellente !
    Je pense, comme vous l’avez toutes les deux si bien dit, que c’est très important dans la relation cheval/cavalier, rien que pour pointer du doigts leurs défauts.
    Tu as aussi beaucoup de chance d’avoir trouvé une personne comme Pauline, je connais déjà sa page facebook mais je file voir son site !
    La photo qui représente Pauline et Kalinka est très jolie, c’est différent des photos que l’on voit d’habitude ! 😀

    Publié le 9 février 2015 à 19:39
    • Oui c’est ça, il est tellement facile de prendre un mauvais pli que c’est vraiment bien d’avoir un regard extérieur pour nous le faire remarquer ! 😉

      Publié le 11 février 2015 à 19:47
  3. Actuellement je ne suis pas suivis car pas de cheval, il arrive bientôt ! Pour le travail personnalisé, je suis pour, je pense qu’on progresse plus vite car le moniteur est concentré sur le couple cavalier/cheval ! Mais le moniteur doit être en accord avec nous et nos idée… Je suis à la recherche d’ un moniteur qui se déplacerais chez moi dans ma petite carriere au fin fond de la campagne !
    j’ai hate de tester à la maison =) j’avais déja tester en club et j’avais progressé à une vitesse =)
    L’accompagnement d’un pro est essentielle peut importe le niveau =)

    Publié le 9 février 2015 à 21:35
    • Oooh, bonne nouvelle ça, j’ai hâte de découvrir ton futur p’tit ch’val ! 😀
      Tout à fait oui !! On progresse nettement plus vite en cours particulier ! J’espère que tu trouveras un bon moniteur par chez toi alors 😉 .

      Publié le 11 février 2015 à 19:50
  4. C’est le jour où on se retrouve sans enseignant qu’on se rend compte de son importance.

    2 ans de DP à monter seule tout le temps, j’ai appris énormément car en étant seule tu te remets sans cesse en question, mais il arrive un moment où forcément, tu stagnes. Cette année je reprend des cours et mon Dieu ce que ça fait du bien ! Etre guidé, travailler dur, avoir des exercices précis, des corrections sur le moment… ça m’avait manqué, et en plus c’est des cours particuliers !

    Et puis avoir de nouveau une monitrice perso, ça m’a aussi remotivé. Y a de nouveau du challenge, des buts à atteindre, quelqu’un à impressionner et ça redonne envie de se dépasser et de bosser !
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    Publié le 10 février 2015 à 09:45
    • Monter seul est formateur à sa manière aussi, c’est sûr ! Et c’est bien pour ça que j’aime avec des périodes où je me retrouve en tête-à-tête avec ma jument, parce que c’est dans la difficulté que, comme tu le dis, on est obligé de se remettre en question 🙂 .
      Merci pour ton témoignage !

      Publié le 11 février 2015 à 19:54
  5. Encore un article très intéressant. C’est vrai que depuis que j’ai mon cheval, je ne prend plus de cours (sauf de temps en temps) car manque de budget pour la pension ET les cours.

    Toutefois comme tu le dis si bien, il est important de temps en temps de se recadrer avec les conseils d’un pro car on ne voit pas toujours ses défauts. Ma monitrice m’aide à avoir une meilleure position à l’obstacle, et visiblement j’en ai bien besoin hahahaha !

    Publié le 10 février 2015 à 11:58
    • C’est ça oui ! Et même des cours seulement de temps en temps, rien que ça, ça permet de faire un bond en avant bien souvent 🙂 .

      Publié le 11 février 2015 à 19:57
  6. tant mieux si vous progressez avec la personne qui convient ! Perso après tant d’années en club, je serais complètement perdue si je devais monter seule…j’ai trop de défauts que je ne peux pas corriger sans regard extérieur^^ très bon article !
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    Publié le 11 février 2015 à 18:49
    • Je comprends bien ton sentiment ! 😛 Au tout début, avec Kalinka, javais une petite appréhension avant de monter seule pour les premières fois, puis finalement, on retrouve vite ses réflexes et tout ce que l’on a acquis en club, puis on se laisse porter 🙂 .

      Publié le 11 février 2015 à 19:59
  7. Je viens juste de prendre une DP sur un trotteur français… Pour l’instant, je le travaille et le monte seule, mais c’est clair que je ne me vois pas faire ça tout le temps… Dans quelques semaines, dès que je serais mieux, plus en phase avec lui, il est évident que je vais suivre quelques cours =) ! Tout à fait d’accord avec vous sur le sujet les filles !
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    Publié le 18 février 2015 à 17:46
    • Ooooh, bonne nouvelle ça ! Il va falloir que tu nous le présente ! 😀
      Oui ça n’est pas plus mal d’être en tête-à-tête le temps de se découvrir 🙂 .

      Publié le 20 février 2015 à 10:31
  8. Un très bon article ! (je suis extrêmement en retard dans mes lectures, mais je me rattrape!^^)

    Pour ma part, je n’ai pas de suivi par un enseignant, même si j’aimerai vraiment! Ce n’est pas faute d’avoir demandé autour de moi, mais je n’ai pas trouvé chaussure à mon pied, comme on dit. Un jour peut-être je trouverai quelqu’un capable d’accepter ou de comprendre mes façons de faire (sans mors, travail à pied etc.).
    Mais sans ça, je pense qu’un suivi même une fois par mois permet bien des choses et ça doit tellement être enrichissant!
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    Publié le 20 avril 2015 à 13:39
    • Oui, pas toujours facile de trouver quelqu’un qui voit le travail avec le cheval de la même manière que soi.
      Effectivement, c’est très enrichissant, comme tu le dis ! 🙂

      Publié le 20 avril 2015 à 20:15
  9. Pour ma part, mon suivi se fait en fonction de mon compte en banque, lol ! J’essaie d’y aller deux fois par mois, ou quand je bloque sur quelque chose.

    Avec mon nouveau coach j’ai découvert une façon de monter différente, avec plus de ressenti & plus de relâchement, ce que j’avais perdu avec mon ancienne coach qui m’avait poussé dans une équitation dans la force.. Me faire rabaisser sans arrêt pour mes idées.

    Maintenant j’ose plus, la jument est bien mieux & je peux enfin sauter dans la sérénité, la jument ne s’arrête plus, elle ne regarde plus rien sur ses tours & rien qu’en deux concours, j’ai reçu tellement de remarques positives, on n’arrête pas de vanter la progression de la jument & qu’est ce que ça fait plaisir d’entendre ça plutôt que « Tu as pas peur de te tuer avec ? »

    • C’est génial de voir à quel point UNE personne peut tout changer !

  10. Pendant pas mal de temps j’étais « seule » avec mon cheval. Puis j’ai commencé à prendre des cours en club, sur d’autres chevaux. Mon cas de figure est donc un peu différent de celui évoqué dans cet article mais le fait d’avoir quelqu’un qui me dise ce que je faisais bien mais surtout les défaut que j’avais m’a fait beaucoup de bien. Le fait de monter des chevaux inconnus aussi. A force de monter mes chevaux, que je connais par cœur, je prend mes petites habitudes et d’un coup se retrouver sur un autre c’est très bizarre mais ça permet d’apprendre à s’adapter et ça oblige à mieux comprendre le Cheval.

    • Je suis d’accord oui, c’est également très formateur de monter d’autres chevaux que le sien !
      Merci pour le partage de ton expérience 🙂 .