Savoir s’écouter pour mieux écouter son cheval ?

L’autre jour, une pensée m’est venue. Et j’avais envie de la partager avec vous, voir ce que vous pensez vous, de votre côté ;). Parce qu’en ce moment, Kalinka me fait pas mal cogiter. Elle m’amène à me poser et regarder, à réfléchir au pourquoi du comment.

 

On cherche toujours le meilleur pour nos chevaux, on veut ce qu’il y a de mieux pour eux. On souhaite pour eux une vie au plus près de leur nature de cheval. Et ça nous fait du bien de voir qu’ils sont heureux ainsi. Mais nous alors ? On prend soin de nos chevaux, mais finalement, on ne prend pas tant que ça soin de nous-même.

 

Or, est-ce que nos chevaux ne trouveraient pas plus agréable, ne seraient-ils pas plus serein, aux côtés d’une personne qui va bien, qui sait s’écouter ? Parce que c’est ça, on est à l’écoute de nos chevaux, du moins on essaye, mais notre propre corps, on le fait taire et on ne l’écoute pas. Ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui les gens vont plus ou moins mal. Et moi, personnellement, je sais que ça me bloque régulièrement dans le travail avec Kalinka ainsi que dans notre relation. Bref.

 

Kalinka, qui profite des grattouilles sous l’encolure :).

 

Pour nos chevaux, on sait ce qui est bon pour eux ou non, on essaye de leur offrir l’alimentation qui colle le mieux avec leur nature de cheval. Alors que de notre côté, on ingurgite à peu près tout et n’importe quoi, on bousille notre santé.

 

On veut offrir à nos compagnons une vie de cheval, des hectares de pâture avec pleins de potes. On veut qu’ils aient une forme olympique, qu’ils puissent bouger. Et nous, on s’enferme dans des bureaux pendant des heures, derrière un ordinateur, alors qu’on aurait besoin de prendre l’air également, de bouger pour s’entretenir, de rester debout plutôt qu’assis, de voir du monde pour pouvoir partager. Au final, on est des chevaux en box, huhu :P.

 

On est attentif au moindre signe de faiblesse de notre cheval, à la moindre douleur, et hop, on fait venir quelqu’un pour régler tout ça, afin qu’il soit au mieux dans ses déplacements, qu’il puisse travailler sans douleur. Et nous, on arrive avec nos douleurs, qu’on traîne parfois des mois avant de se dire qu’on pourrait peut-être aller voir quelqu’un, on se pose en selle quand même, et là, on n’aide pas franchement notre pauvre cheval qui doit compenser nos déséquilibres dus à la douleur. On devrait prendre plus soin de nous, pour nous-même avant tout, mais aussi pour le bien de nos chevaux qui, en selle, doivent compenser.

 

On veille à ce que le matériel que l’on emploie pour notre cheval soit équilibré, mais nous, est-ce qu’on se souci de ça à notre égard ? Sûrement oui, avec des sacs à main qui pèsent sur une épaule parfois pendant des heures, par exemple. Il ne faut pas s’étonner d’avoir mal au dos quand on s’inflige ce genre de chose.

 

Pour ceux qui adhèrent aux pieds nus pour les chevaux (entre-autre moi), c’est chouette, c’est ce qui colle le plus à leur nature, parce que ferrés, leurs pieds sont « coincés ». Et nous alors ? Est-ce qu’on ne coince pas nos pieds dans des chaussures trop étroites, dans lesquelles nos petits petons ne peuvent pas s’étaler comme il le feraient quand on marche pieds-nus ? On porte aussi des chaussures à talons, et tout notre corps s’en retrouve déséquilibré. Là c’est carrément de la torture. C’est maaaal, mon pauvre petit corps… :).

 

Puis on chouchoute nos chevaux, tout doit être impeccable, on prend soin d’eux, on ne coupe pas tout ce qui dépasse (vibrisses, fanons… quoique ça se fait…), parce que ça doit bien être là pour quelque chose. Et nous on « maltraite » notre corps. On s’arrache les poils parce que c’est moche, on se perce les oreilles et le reste du corps, juste pour pouvoir mettre des machins qui pendouillent et qui font jolis, on marque notre peau de tatouages…

 

 

Brefouille !! Je sais, c’est un peu sombre et pas très drôle la liste que je viens de dresser, mais c’est la stricte réalité non ? Et je suis la première à ne pas prendre soin de moi et ne pas écouter ce que mon corps a à me dire pour que je fasse ce qu’il y a de mieux pour lui ! 😉 Et je n’en suis pas fière, loin de là !

 

Mais tout ça pour dire que savoir écouter son cheval, c’est très bien. Mais il faudrait aussi savoir s’écouter, prendre soin de soi, notre corps et notre esprit. Je suis sûre et certaine que ça serait bénéfique pour nos chevaux. Notre relation avec eux n’en serait qu’améliorée, sans stress, plus simple. Être plus en harmonie avec soi, plus à l’écoute de soi pour mieux être conscient et à l’écoute de ce qui nous entoure, et donc, de notre cheval.

 

Imaginons que les personnes avec qui nous vivons prennent grand soin de nous, mais de leur côté ne sont pas à l’écoute de leurs corps et taisent les maux. N’aurions-nous pas de la peine pour eux ? Certes, mon cheval ne va pas éprouver de la peine à mon égard si je suis une loque, que je ne soigne pas mon mal de dos ou que je ne chouchoute pas mon corps en lui offrant la nourriture dont il a besoin et qui lui fait du bien. Mais il se peut bien qu’il ne trouve pas agréable ma présence si je me plains de douleurs, si je suis stressée, fatiguée, ou en manque d’énergie. 

 

C’est en tout cas le cas de Kalinka ! Si je viens la voir alors que je suis fatiguée, que je manque de motivation, que je suis stressée, elle va vite me faire comprendre qu’elle préférerait me voir une prochaine fois, et on n’arrive pas à grand chose. Tandis que si je viens la voir dans un jour où je suis vraiment bien, que je vis l’instant présent sans stress et que je suis posée, que je me sens particulièrement bien dans mon corps et dans mon esprit, là, magie, tout se passe à merveille pour nous deux.

 

On ne se préserve pas comme on préserve nos chevaux. C’est finalement Kalinka qui m’a amené à penser ça, au vu de ses comportements envers moi dans mes bons et mauvais jours. Il me faut alors retrouver une vie plus saine, afin d’être plus en forme et plus énergique en présence de Kalinka, chose qui me manque cruellement ! Il me faut aussi être moins stressée pour être plus libérée et concentrée sur l’instant présent, chose que j’oublie parfois quand je suis avec Kalinka.

 

Ca nous fait du bien de voir que nos chevaux vont bien. N’en serait-il pas de même pour eux ? 😉

14 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Tout ce que tu dis est bien vrai… Pour mon job, je passe mes journées derrière un ordinateur, ce qui m’a donné une grosse scoliose 🙁

    Et tout le reste de ta liste est également parfaitement vrai. Je me glace les doigts le soir pour curer les sabots de mon cheval, je vais le brosser sous la pluie quitte à avoir un rhume derrière…

    Mais c’est là la définition même de l’amour non ? Faire passer ceux qu’on aime avant nous-même. Alors tant pis, je préfère que mon cheval soit bien sa peau plutôt que moi, car après tout, si moi je vais bien mais que lui ne l’est pas, au final je n’irai pas bien non plus 😉

    Publié le 26 janvier 2014 à 19:02
    • Amaya

      Bienvenue au club pour la scoliose…

      Bien sûr, tu as raison et je n’en pense pas moins, aimer son cheval, c’est faire passer ses besoins avant les nôtres ! Mais là n’est pas la question. D’ailleurs l’un n’empêche pas l’autre, on peut faire du mieux pour son cheval, mais on peut aussi prendre soin de soi. Il n’est pas question de préférer telle ou telle situation, mais de prendre conscience qu’il faut prendre soin de soi autant que l’on prend soin de son cheval :).

      Et puis tu dis préférer aller mal tant que ton cheval va bien, mais tu ne crois pas qu’il le sent si tu vas mal ? 🙂 Il ne va pas fermer les yeux, et il se comportera sûrement de façon à te faciliter les choses, alors qu’il préférerait certainement ne pas avoir à se « soucier » des problèmes de son cavalier ? 😉

      Publié le 26 janvier 2014 à 20:54
    • « je vais le brosser sous la pluie quitte à avoir un rhume derrière…  »

      hum… alors là, je m’interroge sur le bien fondé de la chose… ???
      – quel est l’intérêt de brosser un cheval sous la pluie ??
      si ce n’est de prendre froid, mal au dos, et du lui faire prendre froid également en plaquant son poil mouillé sur sa peau…

      +1 avec la réponse de Amaya 😉

      Publié le 27 janvier 2014 à 09:00
      • Quand je dis brosser, c’est voir si tout va bien, s’il n’a pas de bobo, etc 😉

        Publié le 28 janvier 2014 à 22:04
  2.  » Mais il se peut bien qu’il ne trouve pas agréable ma présence si je me plains de douleurs, si je suis stressée, fatiguée, ou en manque d’énergie.  »
    C’est même certain !!
    Je suis contente que Kalinka ait elle même pu tirer la sonnette d’alarme pour te faire réagir.
    Mon cheval Olivo m’a appris cela il y a quelques années déjà. Depuis je fais en sorte de ne demander quelque chose à mes animaux, uniquement lorsque je suis en phase avec eux. Sinon je m’abstiens de leur offrir un tableau pitoyable et j’en profite pour me remettre en question, et m’occuper de moi….
    pas toujours facile à faire, certes, mais ne rien faire serait bien pire !
    en prendre conscience est déjà un très grand pas.

    J’aime lorsque tu écris de tels articles si réalistes, c’est juste génial à lire, et ça fait une piqûre de rappel nécessaire à tous !
    vraiment bravo pour ces lignes de bon sens.

    Publié le 27 janvier 2014 à 08:58
    • Amaya

      Kalinka me fait ouvrir les yeux sur beaucoup de choses, et heureusement ;).

      Tu as raison, je devrais également me tenir à ça, bien que je commence à adopter cette attitude, de ne rien demander à ma jument si je ne suis pas en état de le faire comme il le faut ou si on n’est pas sur la même longueur d’onde elle et moi.

      Merci Gaëlle ;).

      Publié le 27 janvier 2014 à 11:51
  3. J’ai pris l’habitude de ne pas aller voir mon cheval les jours où je suis très énervée ou fatiguée… Pour éviter d’avoir un « mauvais moment » avec lui aussi. Puisque les chevaux ressentent très bien ce genre de choses…
    Si je veux vraiment y aller, alors je ne lui demande RIEN. Pas de boulot rien du tout, il a son granulé, moi je me pose dans son pré, et je le regarde faire sa vie avec ses copains (combien de fois je suis partie lire un bon livre dans son pré, c’est juste hyper-reposant et mon cheval ne s’en plains pas, il vient me voir quand il veut un câlin et hop il repars brouter xD).
    Enfin en tout cas j’aime bien ton article parce que ça change vraiment de ce que l’on peut lire d’habitude (au niveau du sujet) et j’aime beaucoup! Puis c’est cool, je vois que je suis pas la seule à penser comme ça alors ça fait plaisir 🙂
    Niveau alimentation au fait ; j’ai remarqué que moi si je me laissé aller (genre peu de changements, toujours les mêmes repas…) j’avais tendance à déprimer facilement… Comme quoi, rien que nos repas peuvent influencer notre moral! Et ça j’ai mis du temps à le comprendre!

    Publié le 27 janvier 2014 à 10:07
    • Amaya

      Oui tu fais bien, souvent quand on est dans un mauvais jour et qu’on s’obstine à aller voir son cheval, ça ne se passe pas aussi bien qu’on le voudrait.
      Ah, moi aussi aux beaux jours il m’arrive très souvent d’emmener un bouquin et de me poser dans le pré de ma Louloute :). Ca fait passer un bon moment à l’une comme à l’autre.

      Tu as complètement raison, l’alimentation influence sur le moral ! 🙂

      Publié le 27 janvier 2014 à 11:55
  4. Je reviens la dessus car j’ai l’impression d’être complétement à part. Vous dites que vous n’allez pas vers votre cheval de peur de passer un mauvais moment etc, car il le ressent. Je comprend bien votre point de vue mais je ne ressens pas la même chose.

    Il m’arrive d’être complétement dépressive ou énervée, et quand je suis avec mon cheval, il m’apaise directement. A la limite je serai plutôt du genre à y aller justement parce que ça va pas pour moi. Alors peut-être qu’il le ressent, mais il doit bien aussi ressentir le bien qu’il me procure ! 🙂

    Et puis si ça va vraiment pas et que je me sens pas de monter, je l’emmène juste brouter et c’est parfait pour nous

    Publié le 30 janvier 2014 à 09:38
    • Amaya

      Tu n’es pas à part, c’est juste que tu vois les choses différemment, et tant mieux ! Que serait le monde si on avait tous la même vision des choses :).

      Moi aussi, quand je suis au fond du trou, Kalinka m’apaise immédiatement. Il est certain qu’ils sentent le bien qu’ils nous font, mais ont-ils vraiment envie de jouer ce rôle (après, tous les chevaux sont différents, et ont des caractères différents, et n’aiment pas les choses) ? Au contraire, je préfère ne pas l’embêter avec ça, même si j’ai très envie d’aller la voir. Je ne veux pas lui imposer ma présence, qui lui est plus désagréable qu’autre chose, même si je viens avec toute la bonne volonté.

      C’est aussi respecter son cheval que de savoir faire le choix pour son bien plutôt que pour le nôtre, même s’il est toujours tentant de passer le voir pour apaiser nos tensions. Mais je suis la première à ne pas toujours le faire, parce que c’est humain de vouloir se faire plaisir en allant voir son cheval, que l’on ne peut pas forcément voir tous les jours, avec des jours qui lui sont réservés, parce qu’on n’a pas toujours le temps etc… ;).

      Du moins c’est comme ça que je vois les choses :). Le cheval nous apporte beaucoup certes, mais il ne faut pas le voir que dans ce sens, à nous de voir ce qu’on peut lui apporter, ou ne pas lui apporter (quand on va mal notamment, est-ce que notre présence lui est agréable dans ces moments ?).

      En tout cas je comprends très bien ton point de vue et je le respecte ! Voilà pourquoi c’est bien de ne pas avoir les mêmes avis, ça permet d’échanger, et c’est ça qui fait avancer les choses (ou pas d’ailleurs :P), mais c’set toujours enrichissant de partager ! 🙂

      Publié le 30 janvier 2014 à 10:31
      • Je suis d’accord ! Chaque cheval est différent et réagit avec son propre caractère.

        De mon côté, que je sois bien ou pas, pour Tabasco c’est pareil, du moment qu’il peut brouter ou croquer avoir une caresse il est content ! 😉

        bises

        Publié le 30 janvier 2014 à 21:31
  5. Ton article me parle beaucoup!^^ Chicorée m’a aussi aidée à comprendre que mon comportement, mes pensées et tout ce qu’il se passait dans ma vie influençait notre relation.

    Pour part, même si je ne vais pas bien, je passe toujours faire un tour au pré, pour voir comment Chicorée va. Si je sens que ma présence la gène, j’abrège la visite. Mais je passe quand même, j’en ai besoin pour ne pas exploser. Même si je la vois de loin, ça me suffit.

    Et quand ça ne va vraiment pas, je vais courir ou faire du sport avant de passer la voir! C’est peut-être tout bête, mais c’est une manière de prendre soin de moi et d’elle!^^

    Publié le 19 février 2014 à 15:11
    • Amaya

      C’est chouette de voir à quel point nos chevaux nous aident à prendre conscience de ce genre de choses !

      Oui bien sûr, je ne dis pas qu’il ne faut pas aller voir comment va son cheval, s’il faut s’occuper de lui, on ne va pas le laisser moisir parce qu’on n’a pas trop le moral :P. Et aller courir ou faire autre sport avant d’aller voir son cheval, ça c’est une bonne idée ! Ca permet de se vider la tête et se défouler ! 🙂

      Publié le 19 février 2014 à 18:22
  6. Rétrolien: Le silence des chevaux, Pierre Enoff