Une pause dans son équitation ou avec son cheval : bonne ou mauvaise idée ?

Ce mois-ci, la Cavalcade des Blogs reprend du service pour une trente-huitième édition ! Audrey du blog Qalo et Lolotte nous a concocté un sujet qui tombe à pic, puisque Kalinka et moi reprenons doucement le travail après une longue pause.

 

Le thème ? Les bénéfices d’une pause dans son équitation ou avec son cheval.

 

Je me souviens qu’à mes débuts avec Kalinka, je levais difficilement le pied. On enchaînait les balades à cheval, les balades à pied, le travail en carrière, travail à pied… Et je m’étonnais souvent de voir que ça ne fonctionnait pas entre nous. J’étais frustrée de voir qu’on avançait peu.

 

En fait, c’est juste Kalinka qui m’imposait des pauses. Elle est très douée pour ça. Et après plusieurs périodes comme celles-ci de frustration et d’incompréhension, j’ai fini par réaliser que l’on avait toutes les deux à y gagner : un rythme qui correspond mieux à Kalinka et pour ma part, apprendre à lâcher prise sur d’éventuels « objectifs » et juste prendre les choses comme elles viennent.

 

Et depuis que je ne lutte plus pour éviter ces pauses, c’est le bonheur.

 

Au début, je subissais les pauses. Maintenant elles s’installent d’elles-mêmes, presque sans que je ne m’en rende compte. J’ai fini par accepter que ça fait partie du jeu. J’ai le sentiment d’avoir gagné en « feeling », je sens tout naturellement quand on a besoin d’une pause, avant que Kalinka ne se braque, sur quel point (travail à pied, un exercice en particulier, les balades, notre relation…), si c’est Kalinka qui en a besoin ou bien si c’est moi qui ai besoin de prendre du recul.

 

Les pauses font partie intégrante de notre évolution et du travail que l’on effectue. Comme un sportif fait une pause de temps en temps dans son entraînement pour laisser le temps à son corps de récupérer.

 

Chez Kalinka, comme chez d’autres chevaux, les pauses ont un petit effet magique. Je m’étonne toujours de voir, surtout lorsqu’une nouveauté est en cours d’apprentissage, qu’après une pause, souvent de quelques semaines, Kalinka me sort l’exercice demandé avec facilité et bien mieux que là où l’avait laissé. Comme si Kalinka travaillait seule de son côté. C’est vraiment drôle et fascinant à observer !

 

Désormais je ne m’acharne plus à avoir une progression constante et continue. Il est parfois préférable, quand on n’avance plus sur un exercice, de laisser tomber pour y revenir à un moment qui s’y prêtera mieux : un physique plus en forme, un meilleur moral…

 

Il faut vraiment affiner son ressenti. Chaque cavalier et chaque cheval est différent, a ses besoins, un rythme qui lui est propre. Nous sommes les seuls à pouvoir savoir si oui ou non, nous ou notre cheval a besoin d’une pause et à déterminer dans quelles conditions.

 

Ne plus aller voir son cheval quelques temps ? Aller le voir pour ne rien faire ? Changer d’activité ? Lâcher prise sur certains exercices le temps de voir d’autres choses ? Une pause ouvre un champ des possibles infini ! Laissons-nous guider par notre intuition et ce que nous demande notre cheval.

 

 

Mon expérience

 

J’avais déjà intégré depuis un moment que faire des pauses était bénéfiques pour Kalinka et moi dans notre progression. Abandonner le travail de temps à autre pour mieux y revenir.

 

Mais c’est cette année qu’une pause en particulier et particulièrement longue m’a fait prendre conscience de tout ce que cela pouvait apporter. L’été 2016, Kalinka commençait tout doucement à maigrir. C’est à l’automne que c’est devenu vraiment inquiétant, elle a perdu de l’état d’un coup. Elle est atteinte de la maladie de Cushing.

 

Je n’osais plus bouger de peur de voir son état s’aggraver. Pause forcée. Plus rien que des balades à pied et de temps à autre un semblant de travail à pied, histoire de stimuler un petit peu Kalinka, pour qu’elle garde le moral, la chose la plus importante alors à mes yeux. C’est une pause qui m’a permis de me concentrer sur sa santé, qui m’a obligé à me documenter, en long en large et en travers (et hop, des connaissances supplémentaires !)

 

Surtout, on a pris un autre rythme. Plus lent. Qui nous a permis de savourer les moments passés ensemble. L’instant présent est une notion sur laquelle j’ai eu le temps de travailler. Ça m’a laissé aussi le temps de digérer le fait que les choses ne seraient plus comme avant, et j’en avais besoin. Aujourd’hui il en ressort de belles choses.

 

Quand je me suis engagée dans cette pause, je ne savais pas si elle signerait la fin de nos activités (pourtant bien modestes) ou si nous pourrions un jour reprendre. Cette pause aura porté ses fruits.

 

Kalinka s’est un petit peu remplumée (autant que la maladie le lui permet), elle a une pêche d’enfer, elle est demandeuse d’activité, on refait quelques balades, on s’épanouit dans le travail à pied, et le top, on progresse encore. J’ai gagné confiance en mon intuition, ce qui nous est très favorable à toutes les deux. Bref, que de bonnes choses !

 

Qu’est-ce qu’on a à y gagner ?

 

Pour le cavalier, faire une pause permet de prendre le temps de la réflexion. Se poser pour se remettre en question, emprunter d’autres voies. C’est l’occasion de se renseigner, se documenter.

 

Déterminer quand faire des pauses permet aussi au cavalier de développer son écoute, envers lui-même et envers son cheval. On y gagne d’ailleurs une meilleure relation avec son cheval ! Moins de conflits parce qu’on a gagné en écoute et que l’on sait mieux s’écouter ou écouter son cheval et donc quand est-ce qu’il faut s’arrêter.

 

Pour le cheval, une pause peut être bénéfique au niveau physique, pour souffler un peu si besoin, aussi bien qu’au niveau mental.

 

On peut découvrir des choses, en faisant des pauses. On peut par exemple découvrir en autre rythme, qui convient mieux au couple cavalier-cheval. Prendre le temps d’une pause permet aussi de découvrir son cheval autrement, ce qu’il aime vraiment par exemple.

 

 

En conclusion, tous les chevaux et tous les cavaliers n’ont pas les mêmes besoins en termes de pauses. Il y a ceux qui ont besoin de bouger, de foncer, d’être souvent dans l’action pour avancer. D’autres ont besoin de prendre le temps de la réflexion ou du temps pour eux-mêmes pour aller plus facilement de l’avant. A vous de le ressentir !

 

Pour ma part, découvrir les bénéfices des pauses dans notre progression m’a fait aller plus loin en intégrant également de vraies pauses au cours des séances de travail et ça porte vraiment ses fruits !

 

Faire une pause dans la séance de travail permet soit de récompenser le cheval et lui laisser le temps d’intégrer ce qu’il vient de faire (et le cavalier aussi par la même occasion), soit de prendre un peu de temps quand ça ne va pas comme on le souhaiterait pour réajuster son objectif et la manière d’y arriver ou encore pour se calmer quand il peut nous arriver de monter en pression (ou calmer le cheval).

 

Alors je dis OUI aux pauses, dans toutes les situations !

 

 

5 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Fascinant! C est comme pour la création. Et les chevaux nous enseignent un certain tempo. Plus organique que celui de l’esprit rationnel. Merci pour ce bel article

    Publié le 18 septembre 2017 à 19:09
    • Merci Marie pour ce beau commentaire qui apporte un autre regard sur les pauses et le rythme de vie avec nos chevaux 🙂

      Publié le 20 septembre 2017 à 17:24
  2. laurence B

    Bonsoir,
    Quel bonheur de synchronicité !!! Je me pose la question depuis quelque temps, et plus particulièrement depuis hier, de savoir ce que je vais faire avec mon cheval, si je continue ou si j’arrête l’équitation, si je le garde ou pas, si je travaille plus à pied, si je continue de monter,… Bref, des questions qui me taraudent depuis cet été car je fais une longue pause, je n’ai plus très envie de monter, et puis en plus moins je monte, plus mes peurs reviennent en force, du coup, encore moins envie de monter, le cercle vicieux… je prends plus de plaisir en ce moment à travailler à pied (un peu d’éthologie, un peu de longe). Mais mon cheval étant en pension dans un club, mon budget limité m’amène à me poser des questions : si je ne le monte plus, est-ce qu’il est raisonnable de le garder ? Mais je ne peux pas m’en séparer facilement : une relation s’est créée entre nous, il me reconnait, il est demandeur de travail à pied (beaucoup moins monté). Enfin, bref, j’ouvre ce soir ma boite mail et je tombe sur ton article, qui m’invite à lâcher prise, à écouter les besoins d’Apache et à vivre selon nos envies communes, nos besoins du moment. Merci beaucoup !!!

    Publié le 18 septembre 2017 à 20:39
    • Bonjour Laurence,
      les choses n’arrivent effectivement jamais par hasard, les synchronicités en sont la preuve. Je suis ravie que mon article ai pu t’apporter une autre manière de voir la relation que tu as avec ton cheval. Je vous souhaite une belle route à tous les deux. Merci à toi pour le partage de ton histoire 🙂 <3

      Publié le 20 septembre 2017 à 17:27
  3. Bonjour Amaya,

    Merci pour cette belle expression de cette sorte de « magie » . Un peu comme lorsqu’on bloque sur une tâche et que l’on s’acharne sans résultat… deux jours plus tard, le problème n’en est plus un… sans qu’on ait plus fait d’effort pour le régler.

    Publié le 1 octobre 2017 à 13:54